Deuil périnatal et annonce du handicap

Deuil périnatal et annonce du handicap. Vécu de la patientèle, accompagnement et posture professionnelle

L’humanité, les sciences et le médical en particulier, se sont élancés ces dernières décennies dans une observation, puis une connaissance et enfin une quête de maitrise à tous les endroits de la vie.
Mais les sciences ce sont d’abord des hommes. Des hommes qui s’intéressent et prêtent leur potentiel, puis généralement qui transmettent ce qu’ils découvrent et ont appris. Des hommes qui pensent mais qui ressentent, tout simplement humain.
C’est toujours quand l’humain en nous, de chaque côté de la relation, recontacte sa condition humaine, que l’empathie opère. Il n’y a qu’à revenir au fœtus et à tous ceux qui le rencontrent en vérité dans les circonstances d’une grossesse interrompue. La meilleure manière d’en parler humainement est d’écouter ce qu’il est, pour les humains qui en parlent.
Selon l’engagement qui est le leur et la proximité qu’ils vivent comme la distance qu’ils prennent avec la situation. La mère en parlant depuis l’intérieur, dans l’intimité d’un corps à corps biologiquement fusionnel et le père par procuration d’amour avec sa femme. Les autres depuis l’extérieur, mais à distance relative de ce que ce petit représente à leurs yeux et à leur cœur. Les plus proches étant la mère, le père, puis la fratrie, la famille, les amis, les professionnels, en général du moins.
Au final, il y a ce que le tout petit est en vérité, vérité qui tellement nous échappe.
Il y a la nature de ce que nous savons de l’in utero aujourd’hui, physiquement et psychiquement, intérieurement aussi. Une conscience toujours guidée par les yeux qui voient, par les sensations en présence du tout-petit qui dictent de l’humanité, par des sentiments qui appellent au soin et au respect.
Interpellons alors ici nos accompagnements périnataux. Le propos n’étant pas de remettre en cause les réalités médicales existantes mais de questionner le bien fondé de nos pratiques quand elles touchent au cœur du vivant. C’est en cela que la psychologie périnatale a un espace à investir. A commencer par les Interruptions Médicales de Grossesse : l’accompagnement de la vie sur le terrain de la mort pour les parents concernés, et mourir in utero pour les tout-petits (car dans « mourir in utero » il y a in utero, puis mourir, et y mourir).
Oui notre ère se préoccupe d’éthique et la médecine périnatale ne peut être qu’un lieu propice à ces débats. Comment en effet ne pas se questionner quant aux situations jusqu’alors inconcevables qui défient la vie : le sens de la vie humaine, de naître, vivre et mourir, quand, comment, à quel titre et pourquoi ? Comment concevoir avec justesse ce qui doit être, ce qu’il faut penser et décider dans des circonstances médicales précises alors que la médecine d’aujourd’hui sait faire tant de choses, que la loi évolue de surcroît et le suggère ?
Cette formation dispensée par un gynécologue obstétricien d’expérience (en hospitalier et en libéral) et par une psychologue spécialisée en périnatalité (elle aussi exerçant en hospitalier et en libéral),  tous deux confrontés aux réalités des grossesses interrompues, tentera d’aider l’équipe du PFME et chacun de ses membres, à trouver les réponses à ses interpellations en vue d’une cohérence des pratiques, en premier lieu dans l’intérêt des patients accueillis.

planning

4 jours

ObjectifsMéthodologie pédagogiquePublic concernéProfil du formateur
  • Acquérir des connaissances théoriques et surtout concrètes relativement  aux annonces obstétricales difficiles et au deuil périnatal.
  • Comprendre les mécanismes en jeu lors de l’annonce d’une grossesse pathologique et du handicap du bébé, depuis une perspective chronologique (étapes successives et leur dynamique spécifique) et avec un regard psycho émotionnel (enjeux de la vie intérieure des parents impactés).
  • Appréhender les mécanismes liés au deuil périnatal du point de vue des couples et familles, ainsi que du point de vue des professionnels.
  • Donner des outils concrets aux participants sur la posture à adopter face aux attitudes et réactions parentales, et face aux touts petits à accompagner humainement.
  • Acquérir des outils tangibles pour une bonne hygiène de vie intérieure devant ces accompagnements éprouvants et vulnérabilisant les équipes dans le long terme avec risque de burn-out.
  • Elaborer un référentiel de posture professionnelle bienveillante auquel chacun puisse se référer dans un souci d’articuler et d’harmoniser les pratiques individuelles et institutionnelles, et celles des services différents concernés par ces accompagnements.
  • Connaitre et se familiariser avec les interlocuteurs et les réseaux chargés d’accompagner ces publics 
  • Une pédagogie active et participative demandant une implication des participants tout au long de la formation. Il s’agira pour les participants de s’approprier le savoir véhiculé par leur expérience dans des interactions précises avec les intervenants qui sont des professionnels de terrain avec un vécu mutualisable.
  • Un espace de réflexion et d’information concernant la clinique des annonces difficiles et celle du deuil périnatal, afin de permettre aux participants d’en avoir un ressenti intériorisé. Et ainsi d’envisager une posture professionnelle humaine ajustée aux réalités des grossesses pathologiques et successivement du deuil périnatal dans la durée de tels chemins.
  • Des apports théoriques avec des supports de lecture diversifiés et actualisés (dont les dernières études scientifiques nous permettant d’attester la pertinence des théories suggérées lors de cette formation).
  • Une analyse des pratiques au plus près des réalités et besoins de l’institution concernée
  • Des exercices sollicitant l’interaction collective et l’implication personnelle (des réflexions écrites, des présentations de situations cliniques concrètes, des jeux de rôle, etc.).

Toute l’équipe soignante de la maternité (médicale et non médicale).

Formateur 1 : Gynécologue-obstétricien

Formateur 2 : Sage-femme